Domremy-la-Pucelle.
Paroisse Sainte-Jeanne-d’Arc-Saint-Elophe.
Messire Dieu,
Premier
Servi !
La passion de Jeanne d'Arc.

Commence alors pour Jeanne ce que nous pouvons appeler sa Passion. Il y a plus d'un point commun entre la vie de Notre-Seigneur et celle de sa servante : la vie " cachée " de Nazareth et de Domremy. La vie publique de courte durée, la trahison contre écus sonnants, le procès inique, la mort. De même que la Passion du Christ est le moment central de son existence terrestre, de même celle de Jeanne sera l'accomplissement de toute sa vie, l'expression sublime de sa sainteté. Ce sont d'ailleurs les minutes du procès qui nous permettent de connaître vraiment sa personnalité.

La voilà aux mains du duc de Bourgogne, plus exactement de son vassal Jean de Luxembourg. Il la vendra aux Anglais pour dix mille livres tournois, le prix d'un roi !

Pour les Anglais, il s'agit de montrer que Jeanne, étant une hérétique, ne peut-être une envoyée de Dieu, que Charles VII a été conduit sur le trône de France par une sorcière et qu'il n'est donc pas le légitime roi de France. La couronne doit alors revenir au roi d'Angleterre, le jeune Henri VI.

C'est l'évêque Cauchon, vendu aux anglais lui aussi-mais d'une autre manière- qui se charge d'organiser son procès. Celui-ci sera illégal du début à la fin, puisqu'il n'y avait même pas les éléments nécessaires à son ouverture.

Enfermée en prison anglaise contrairement à la loi, elle souffrira le harcèlement, les moqueries, les mauvais traitements de ces geôliers. Jamais elle n'aura d'avocat. Son appel au Pape, qui aurait du provoquer immédiatement la suspension du procès, ne fut pas respecté…

De ce procès naîtra ce que R.Brasillach appelle 'le plus émouvant et le plus pur chef-d'œuvre de la langue française.' Les dialogues nous montrent une sainte. Pleine de bon sens, d'humour aussi. Sachant répondre avec courage et habileté. Confondant ses juges par sa foi et la pureté de son cœur. Nous la voyons aussi souffrante et troublée, déstabilisée même jusqu'à l'abjuration dans des circonstances mal connues. (Dieu savait bien que sans cela nous l'aurions prise pour un ange.)

Vient enfin la délivrance promise par ses voix. Mais elle vient sous la forme d'une condamnation au bûcher.


-" ah, j'aimerais mieux être décapité sept fois que d'être ainsi brûlée. "
-" Maître Pierre, où serai-je ce soir ? "
-" N'avez-vous pas bonne espérance en le Seigneur ? "
-" Oui, et Dieu aidant, je serai en paradis. "

Le 30 mai 1431, Jeanne est brûlée à Rouen, sur la place du vieux marché. Elle meurt en criant d'une voix forte le Nom de JESUS. Un soldat anglais affirme avoir vu alors une colombe s'élever vers le ciel. Son cœur résista à toutes les tentatives du bourreau pour le réduire en cendre. Il partit à la Seine.

" Nous avons brûlé une sainte " disaient les Anglais. En cela ils ne se trompaient pas.

En 1455, Charles VII lança une procédure en réhabilitation. Ce fut le troisième procès de Jeanne, légal celui-là. Le 7 juillet 1456 Jeanne est officiellement réhabilitée.

Enfin, dernier procès, celui visant à établir sa sainteté. Elle sera béatifiée le 18 avril 1909 et canonisée le 16 mai 1920. le 2 mars 1922, elle devient patronne secondaire de la France. Charge qu'elle assume encore aujourd'hui…


Bibliographie : Mgr Touchet , la Sainte de la Patrie, DMM. Régine Pernoud, Jeanne d'Arc, Perrin. R.Brasillach, Le Procès de J.d'Arc, éditions de Paris.


>>> Le village de Domremy et son église. >>>